Le Nord a enregistré son premier nid de frelon asiatique en 2016, soit douze ans après l’introduction de l’espèce en Lot-et-Garonne. Le département fait partie des derniers territoires métropolitains atteints.
Ce décalage a une conséquence directe pour les habitants du Cambrésis. Les repères diffusés à l’échelle nationale, façonnés par vingt ans d’expérience aquitaine, ne correspondent pas toujours à la situation locale, où les densités restent plus faibles et les dispositifs plus récents.
Une région atteinte tard, et par le sud
Le frelon asiatique a progressé d’environ 60 km par an vers le nord. La Picardie a été touchée trois ans avant le Nord et le Pas-de-Calais.
| Territoire | Première observation | Premier nid recensé |
| Lot-et-Garonne (point d’entrée) | 2004 | 2005 |
| Oise, Aisne, Somme (ex-Picardie) | 2013 | — |
| Nord | 2011, sans installation durable | 2016 |
| Pas-de-Calais | — | 2016 |
La ligne du Nord mérite un commentaire. Un frelon asiatique a été signalé dès 2011 dans le département, mais l’espèce n’est pas parvenue à s’y installer à ce moment-là.
Cet épisode illustre un mécanisme souvent ignoré : un individu isolé, transporté passivement par un camion ou du matériel, ne fonde pas une population. Il faut une fondatrice, un hivernage réussi et des conditions de printemps favorables pour qu’une colonie s’établisse.
L’espèce est aujourd’hui répartie sur l’ensemble des Hauts-de-France, sans y être particulièrement abondante. C’est la principale différence avec le Sud-Ouest ou la façade atlantique, où les densités de nids sont sans commune mesure.
Le réseau de référents du Nord, que peu d’habitants connaissent
La préfecture du Nord a mis en place un réseau de référents frelon asiatique formés par le Groupe ornithologique et naturaliste. Ils identifient les nids, mais ne les détruisent pas.
| Ce que fait le référent | Ce qu’il ne fait pas |
| Confirmer l’identification de l’espèce | Détruire le nid |
| Répondre aux questions des habitants | Prendre en charge le coût de l’intervention |
| Orienter vers une entreprise de destruction | Intervenir en urgence |
| Alimenter le suivi de répartition de l’espèce | Se substituer aux pompiers en cas de danger immédiat |
Cette répartition des rôles explique une déception fréquente. Beaucoup d’habitants contactent un référent en pensant déclencher une intervention gratuite, alors que sa mission s’arrête à l’identification et à l’orientation.
L’étape d’identification n’est pourtant pas une formalité. Une part importante des nids signalés comme asiatiques sont en réalité des nids de guêpes communes ou de frelons européens, ce qui change à la fois l’urgence, la méthode et l’éligibilité aux aides.
Les observations peuvent aussi être déclarées sur la plateforme régionale SiRF, gérée par le Groupe ornithologique et naturaliste, qui alimente la carte de répartition de l’espèce. Une fois l’identification confirmée, la destruction relève d’une entreprise certifiée Certibiocide : le réseau des professionnels du département, de la métropole lilloise au Cambrésis, couvre l’ensemble du territoire, et une destruction des nids de guêpes et frelons à Lille obéit aux mêmes règles techniques qu’à Caudry ou à Cambrai.
En cas de danger immédiat pour des personnes, le réflexe reste le 18. Les pompiers n’interviennent plus systématiquement sur les nids depuis des années, mais la situation d’urgence avérée fait exception.
Qui paie aujourd’hui, et ce qui change d’ici mars 2027
Aucune prise en charge nationale n’existe. Le financement dépend entièrement de la commune ou de l’intercommunalité, et les écarts à l’intérieur des Hauts-de-France sont considérables.
| Collectivité | Prise en charge constatée |
| Communauté de communes des Hauts de Flandre (59) | 100 % de l’intervention |
| Département de la Somme (80) | 50 %, plafonné à 80 € |
| Majorité des communes du département | Aucune aide spécifique |
L’ordre de grandeur du reste à charge se situe entre 100 et 150 euros pour un nid selon sa hauteur, davantage pour un accès difficile. Un même nid peut donc coûter zéro euro dans les Flandres et le plein tarif à quinze kilomètres de là.
Ce patchwork a vocation à être clarifié. Le plan national de lutte contre le frelon asiatique a été publié au Journal officiel le 16 septembre 2026, et chaque préfet doit en décliner une version départementale dans un délai de six mois, soit d’ici la mi-mars 2027.
Le plan départemental du Nord devra préciser les modalités de signalement, les actions de lutte, le classement du département selon la gravité des dégâts et les modalités de financement. C’est ce document qu’il faudra consulter au printemps prochain, avant d’engager des frais.
Ce qu’il faut regarder chez soi en cette saison
L’automne est la période où les nids deviennent visibles et où l’activité est maximale. C’est aussi le moment où les colonies s’éteignent naturellement.
Un nid de frelon asiatique se repère souvent tard parce qu’il est haut. La chute des feuilles, en novembre, révèle des nids installés depuis le printemps dans des arbres de jardin ou des haies hautes.
Le nid en boule à entrée latérale, parfois supérieur à 70 cm, est le cas typique en extérieur. En bâti, les frelons asiatiques utilisent aussi des abris ouverts : appentis, préaux, cabanes de jardin, sous-faces de toiture accessibles.
Un nid découvert en décembre ou en janvier ne présente plus de danger. La colonie est morte, et le nid ne sera pas réoccupé l’année suivante : seul son emplacement peut séduire une nouvelle fondatrice au printemps.
Le geste à éviter absolument consiste à boucher l’entrée ou à tenter un traitement soi-même en pleine saison. Une colonie de plusieurs centaines d’individus défend son nid sur plusieurs mètres, et les piqûres multiples constituent le vrai risque, y compris chez une personne non allergique.

Les questions que l’on se pose le plus souvent dans le Nord
Le frelon asiatique est-il très présent dans le Nord ?
Il est présent partout dans le département, mais les densités restent modérées par rapport au Sud-Ouest. Le premier nid n’a été recensé qu’en 2016, contre 2005 en Lot-et-Garonne.
À qui signaler un nid quand on habite le Cambrésis ?
Au référent frelon asiatique le plus proche, désigné par la préfecture, ou à votre mairie. L’observation peut aussi être enregistrée sur la plateforme SiRF du Groupe ornithologique et naturaliste.
Les pompiers viennent-ils détruire le nid ?
Non, sauf danger immédiat pour des personnes. La destruction relève d’une entreprise privée certifiée Certibiocide, sur devis.
La mairie peut-elle payer l’intervention ?
Cela dépend entièrement de la commune et de l’intercommunalité. Certaines collectivités du Nord prennent l’intervention à 100 % à leur charge, la plupart ne proposent aucune aide : le seul moyen de savoir est d’appeler avant de faire intervenir.
Comment distinguer un nid de frelons asiatiques d’un nid de guêpes ?
Le nid de frelon asiatique est une grosse boule brune à entrée latérale, souvent en hauteur. Un nid de guêpes est généralement plus petit, gris, avec une ouverture par le bas, et se loge volontiers sous les tuiles ou dans le sol.
Faut-il faire retirer un nid vide en hiver ?
Ce n’est pas obligatoire et le nid ne sera pas réoccupé. Le retrait se justifie pour des raisons esthétiques ou quand le nid menace de tomber sur un lieu de passage.